L’Open Canoe Festival : un événement dédié à ma rivière, la Drôme, et à ma passion, le canoë

L’Open Canoe Festival : un événement dédié à ma rivière, la Drôme, et à ma passion, le canoë

« Ma rivière »… Rien que ça. Comme si une rivière pouvait appartenir à quelqu’un.
Et pourtant, par le lien intime que nous tissons avec elles — lien qui peut prendre mille formes — les rivières deviennent un peu les nôtres.
Certains les contemplent en silence. D’autres s’y jettent avec des cris de joie. Certains se contentent d’attendre, les pieds dans l’eau, que le poisson morde ou non. D’autres s’émerveillent d’y croiser un castor ou une loutre. Beaucoup ne connaissent d’elles qu’une image de carte postale aperçue depuis un pont.
Toutes ces visions sont justes. Toutes sont fragmentaires. Mais chacune suffit au bonheur de ceux qui la portent.


Je suis photographe. Pourtant, ma relation à la rivière Drôme n’est pas une image fixe : c’est un film.
Quand je la parcours, c’est durant des heures, sur des dizaines de kilomètres. À défaut de connaître tous les animaux qui l’habitent, j’ai parfois l’impression de connaître chacun de ses cailloux, chacun de ses virages. Sa couleur me bouleverse. Son courant chasse l’ennui. Ses blessures me peinent. Et tout cela peut se produire au cours d’une seule journée, d’une seule descente.
Un flot d’émotions toujours renouvelé, avec une seule certitude : je suis à ma place sur l’eau, en canoë ou en kayak, une pagaie à la main. Cette pagaie qui me guide sur les rivières du monde depuis plus de quarante ans.


Après quelques années passées au Canada, le vent m’a ramené sur les bords de la Drôme. Comme un saumon qui remonte vers sa source, je suis revenu là où j’avais appris à pagayer, il y a longtemps.
Journaliste et photographe, j’ai alors eu envie d’écrire ma propre histoire — ou plutôt de peindre mon propre tableau. Avec cette idée un peu floue, presque rêveuse : créer un rassemblement dédié à la rivière Drôme et à la manière la plus sensuelle de la parcourir, le canoë.
Un week-end un peu utopique, où tout le monde se parle avec bienveillance. Où l’on apprend. Où l’on s’émerveille — lorsque la météo y consent. Où l’on mange bien. Où l’on reçoit quelques cadeaux. Où l’on vit simplement, dehors, au rythme de la rivière.
L’Open Canoe Festival était né.


De 2010 à 2026, quatorze éditions en dix-sept ans. Six mois de travail chaque année : inviter les meilleurs coachs européens, convaincre des sponsors, imaginer des logos et des T-shirts, surveiller la rivière, souvent la nettoyer, trouver les cuisiniers, solliciter les élus locaux, composer avec les incertitudes du plein air, garder la foi, continuer malgré les doutes.
Et ne jamais oublier la finalité de tout cela : offrir trois jours de bonheur aux participants.

Les devises de l’Open Canoe Festival changent selon les années. « In aqua veritas » en fut une. « Je me souviens » est sans doute la mienne — discret clin d’œil au Québec, si cher à mon cœur.

Alors, pour se souvenir, il y a les photos.
C’est peut-être la partie la plus difficile de mon travail : sortir de ma peau d’organisateur pour redevenir photographe. Quitter le tumulte de l’événement pour retrouver le regard. Sortir du film de la descente afin d’en saisir quelques instants suspendus. Montrer les visages les plus inattendus de ma rivière.
Partager, simplement.


Voici quelques-unes de mes plus belles images de l’édition 2026.